La technique de dessin de Cowkiller

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Ma technique pour Slugs, Snails & Dinos

Le matériel :

Je travaille presqu’exclusivement avec des outils numériques. J’utilise le papier seulement pour les esquisses, souvent réalisées sur des feuilles de brouillon au boulot avec un stylo bille.

Toutes les images de cet article sont cliquables et agrandissables.

Matériel Informatique :

  • Cintiq companion, qui me permet d’avancer sur mes planches même quand je ne suis pas chez moi.
  • Cintiq WACOM DTZ-1200W, que j’utilise quand je ne suis pas en déplacement.
  • Un PC Alienware Aurora R6, tout neuf, 32giga de RAM et refroidissement liquide accompagné de 2 écrans de 28 pouces.

Les + : Simple et léger, prise en main rapide et intuitive, reproduit un dessin proche du papier.

Les – : Impossible de travailler en HD (>5000x5000px), limité à 256 calques par fichier (on y arrive vite en fait), fonctionnalités limitées (pas d’éditeur de texte par exemple).

  • Gimp : Logiciel gratuit qui me permet de gérer les textes
  • Dropbox : Me permet de synchroniser mes fichiers d’un ordinateur à un autre (PC perso, Cintiq Companion, PC bureau). L’historique des versions peut parfois sauver la vie.

Recherches :

Je Google image les éléments dont je vais avoir besoin pour les dessins. Je les mets dans des répertoires bien rangés.

Je réalise un dessin en pied de chaque nouveau personnage. Il me servira de référence pour la suite.

Décors :

Je m’attaque ensuite aux décors de l’épisode. Je n’en utilise que 2 ou 3 par épisode. La série s’appuie essentiellement sur les dialogues. Comme dans une pièce de théâtre, toutes les scènes se passent dans le même endroit et je joue avec le hors-champ. C’est un moyen pour moi de pallier un défaut, car les décors ne sont pas mon fort. Et bien sûr, je les réutilise d’un épisode à un autre.

Je sépare les plans sur différents groupes de calques. Chaque plan a une épaisseur des traits et un contraste qui lui sont propres. Plus un plan est proche pour les yeux du lecteur, plus il est sombre et les traits sont épais. Plus le plan est éloigné dans l’espace, plus ses traits sont fins, le contraste moins prononcé et la luminosité élevée. Exemple : Décors de l’épisode 3 – Pourcentage d’opacité des traits noirs :

Astuce : j’ajoute un calque vielle photo (plus ou moins opaque) à chaque plan, pour donner un côté moins lisse. Lien pour télécharger le calque : http://bit.ly/2xlPYij

Brouillons :

Je réalise les brouillons sur les décors terminés dont je réduis l’opacité pour mieux voir ce que je dessine. Chaque personnage de chaque case a droit à son calque, ce qui me permet de les travailler individuellement (pour revoir leur position, leur taille…). J’utilise la couleur bleu pour les brouillons, de façon à bien les distinguer du futur encrage noir.

 

La position de mes personnages changeant peu d’une case à l’autre, je réutilise le même brouillon d’une case à l’autre, auquel j’apporte les modifications nécessaires pour que l’ensemble ne soit pas trop statique. C’est donc généralement la première case de chaque strip qui me prend le plus de temps.

Encrage :

Il s’agit des personnages et les éléments changeants du décor (comme les escargots), puisque le reste du décor est déjà fait. La phase d’encrage se déroule approximativement comme la phase de brouillon. La différence notable se trouve dans le fait que chaque personnage a au moins 3 calques par case :

  • Les traits noirs
  • L’ombre calque à 30% d’opacité (dessiné au noir légèrement bleuté).
  • Remplissage blanc

J’ajoute un contour noir au personnage, pour le faire ressortir du décor. Et parfois aussi un contour blanc de quelques pixels, pour la même raison et pour que 2 personnages superposés contrastent mieux entre eux.

Une fois l’encrage terminé, j’exporte chaque case au format PNG.

Montage et textes :

Bon à ce moment là, généralement, je suis déjà super content d’avoir fini l’encrage. Commence maintenant la partie délicate du « montage » de ma BD. J’utilise GIMP pour cela, car Paint Tool SAI n’a pas d’éditeur de texte et vous avez pu constater dans ce tuto que j’écris très mal. Toutes mes cases sont dessinées aux mêmes dimensions, à savoir un format HD horizontal de 4440x3139px. Pour chaque strip, je commence donc par choisir la disposition de mes cases, en fonction du nombre de cases, de la quantité de dialogues et de ce qui s’y passe, parmi des modèles déjà établis.

J’ajoute alors mes cases que je redimensionne. L’objectif, est de rendre la BD vivante et que l’on ne ressente pas trop le copié-collé.

J’ajoute les textes, à l’aide de la police Sonic comics, puis les bulles (dont la taille est conditionnée par le texte). Au besoin je réajuste la taille des cases. Je découpe ce qui dépasse des cases et paf j’ai mon strip.

Je répète l’opération pour chaque strip. J’ajoute des gif animés, pour séparer l’intro et l’outro du reste et j’obtiens un épisode. Je redimensionne et j’enlève les contours blancs pour le format web et j’ajoute des icônes pistolets pour faire des transitions.

Je publie ça sur Projets-BD. Ensuite je rafraichis frénétiquement toutes les 2 secondes pour savoir si j’ai des retours.

Conclusion :

Pour la série Slugs, Snails & Dinos, mon principal objectif est la productivité : fournir 8 strips par mois. J’ai donc cherché des solutions pour gagner du temps, tout en offrant une qualité graphique honnête.

  • Dialogues au centre de la série.
  • Limitation et réutilisation des décors.
  • Usage du copié/collé.
  • Colorisation simple.

Cela ne m’empêche pas de passer en moyenne 100h sur chaque épisode. Mais j’ai bon espoir que ce temps se réduise encore avec l’expérience et ma bibliothèque de décors et personnage qui s’agrandit à chaque épisode, puisque que j’exporte aussi individuellement chaque personnage de chaque case au format PNG, en vue d’une possible réutilisation.

Si vous souhaitez à votre tour expliquer votre technique utilisée, merci d’envoyer un texte libre décrivant votre manière de travailler avec une photo de votre table à dessin à projetsbd@gmail.com.

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2 Commentaires

  1. Vraiment super intéressant. Le néophyte que je suis n’imagine pas trop quel taf se cache derrière. Donc tjs intéressant de voir l’envers du décor.
    Et bravo pour le résultat, bien sûr

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