Les coulisses de “Bad Bearry” de CLX

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Aujourd’hui, nous recevons CLX, auteur de “Bad Bearry” publiés aux éditions Comics Trip !, éditeur-partenaire de Projets BD.

 

Projets BD : Bonjour CLX. Première question, quel(s) matériels utilises-tu ? 
CLX: J’utilise du papier à grain très épais, 224g. Les planches sont au format carré 24x24cm. Les outils sont différentes mines de plomb de dureté très variables afin de réaliser les différentes textures. Ha, et beaucoup de gomme ! Les planches sont directement scannées, sans autre retouche que les réglages de luminosité et contraste avant publication web et print. Chaque planche suit le même processus : un idée notée à la hâte sur un bout de papier (qu’on a forcément au lit ou sous la douche !), suit un scénario avec travail des dialogues encore et encore, un storyboard détaillé pour voir où sont les persos, quels postures, comportements, expressions, etc. Et enfin la réalisation finalisée, assez longue vue la technique que j’ai adopté.
 
PBD : Peux-tu nous expliquer l’origine de l’album, l’idée de départ ?
CLX : L’idée de départ remonte à 2008 : je suis parti sur l’idée de l’ours, la personnalité bourrue, mal léchée, intégrée dans un personnage dit ours dans la communauté LGBT, à savoir baraqué (en muscles ou en gras !), barbu et poilu. J’ai décidé que sa tanière serait une taverne, que d’autres ours graviteraient autour de lui et tout le monde une chope de bière à la main. Les gags me sont venus immédiatement au format comic strip, c’est une excellente façon de traiter l’humour en BD à mon sens. Je n’ai pas donné suite, privilégiant ma carrière à cette époque dans le milieu de l’animation. J’ai eu l’occasion de collaborer avec le Centre LGBT de Paris durant plusieurs années bien après cette ébauche de série et c’est là que la série a trouvé son sens et une grande ouverture, ayant découvert toute la richesse et l’étendue du monde LGBT. C’est grâce à cette expérience que de nouveaux personnages et de très nombreuses idées me sont venus. 
 
PBD : La colorisation est absente de tes publications en général. Pour quelle(s) raison(s) as-tu choisi ce parti pris ?
CLX : J’avoue adorer le rendu de la mine graphite pure : toutes les variations de tons, de textures et de liberté qu’elle offre. Et je suis aussi friand de grands contrastes et du noir et blanc de manière générale. J’ai réalisé quelques mises en couleurs sur Photoshop pour la couverture et la quatrième de couverture de l’album, aussi pour des illustrations promotionnelles. Mais j’avoue clairement préférer le dessin sans l’artifice de couleurs, je suis un piètre coloriste et je sais que la mise en couleurs est un métier en soi. J’admire comment certains collègues sont capables de transcender un dessin ou toute une planche ! 
 
PBD : As-tu réalisé des character’s design ou du moins des recherches poussées pour tes personnages ? 
CLX : Oui j’ai dû réaliser des études de personnages, et ce en deux fois. En 2008, quand l’idée est née, j’ai croqué 4 ou 5 des personnages principaux. Et en 2014 quand je me suis décidé à proposer l’album à mon éditeur Comics Trip! où j’ai carrément abandonné les designs originaux des personnages de Dex et Dod et que j’ai globalement affiné l’ensemble. Il était question d’ailleurs de joindre un cahier de croquis et recherches en fin d’album, ça sera peut-être pour le second tome, en cours de production ! 
 
PBD : As-tu choisi le format strip parce que le ton de ta série l’imposait ? Autrement dit, imagines-tu la série dans le format d’une planche ? 
CLX : En fait j’ai déjà réalisé une série d’humour au format planche. Il s’agissait d’une commande pour un site américain et c’était en couleurs, encrage ligne claire, proportions réalistes. Mais je me limitais toujours en nombre de cases. Globalement je pense toujours en format comic strip, 3, 4 ou 5 cases max. C’est vraiment le format qui me correspond et qui me permet de bien m’exprimer en bande dessinée. 
 
PBD : As-tu le sentiment qu’il y a un public spécial pour les albums de strips ?
CLX : Cela fait 5 ans maintenant que je fais nombre de salons et festivals BD. Je ne crois pas qu’il y ait un public dédié au format comic strip. Je pense que ce format de BD peut attirer tout type de public, en particulier les gens qui ne lisent pas de BD : c’est très rapide, simple à lire, dans la plupart des cas ; et on accroche ou pas en une dizaine de secondes. Je vois ce format comme une bonne initiation à la BD, un bon tremplin pour promouvoir cet Art. D’ailleurs c’est sous ce format qu’on a pu voir diffuser de la BD dans les quotidiens américains à la grande époque. Moi-même, mes premiers émois de lecteurs, je les ai eu avec le comic strip de “Grimmy” dans un hebdo télé ou “Hägar Dünor” dans les journaux Mickey !
 
Merci à CLX et rendez-vous sur le site de http://www.comics-trip.com pour acheter votre album de Bad Bearry.

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