2e Quinzaine des éditeurs : du 1er au 15.12.2020
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Quinzaine des éditeurs – Dernier jour : Les éditions Cambourakis

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Dossiers

Bonjour Frédéric Cambourakis. Nous sommes ravis de conclure cette première Quinzaine des éditeurs avec vous. Ancien libraire, vous êtes devenus éditeur sur le tard avec, dès les premières parutions, de beaux succès comme Beyrouth Catharsis et au 38 rue Youssef Semaani de Zeina Abirached. Pour être un bon éditeur, faut-il avoir été libraire ?

Alors, ce parcours est clairement un atout, un atout assez crucial. Dans mon expérience, cela a vraiment été déterminant à plusieurs niveaux. Connaître toute la technicité de la chaîne du livre, de la diffusion, de la distribution, et la place de chacun dans cette chaîne apporte une véritable crédibilité – surtout quand on est auto-diffusé où il est important de connaître les rouages, le fonctionnement et les habitudes des libraires que l’on va rencontrer.

L’expérience de libraire permet également de mieux appréhender le marché en étant directement en contact avec les lecteurs et ainsi mieux choisir les livres.

Enfin, le relationnel est capital. En étant libraire, on rencontre de nombreux professionnels du livre, des éditeurs, des auteurs, des représentants… Le libraire est en quelque sorte au centre de la chaîne, et est considéré, par tous, comme un partenaire de confiance. C’est la porte officielle du métier du livre, le relai humain entre éditeur et lecteur.

Cet itinéraire a été un avantage, mais chacun a sa propre trajectoire. Pour lancer sa maison d’édition, l’important reste la motivation malgré tout.

Votre catalogue offre de nombreuses BD étrangères. Est-ce une manière de définir une ligne éditoriale pour vous démarquer ou, bien au contraire, cela correspond plus à votre lecture personnelle ?

Les deux.

Il est difficile de définir une ligne éditoriale uniquement par stratégie. Elle est principalement dictée par une passion, des connaissances, une partie de soi. Il faut néanmoins avoir une vision gestionnaire pour moduler les goûts et envies personnelles avec une cohérence plus générale. S’il fallait schématiser, on pourrait dire que la ligne des éditions Cambourakis c’est 70% de préférences personnelles, et 30% d’une réflexion plus stratégique.

A l’image de votre collection « Sorcières », être éditeur indépendant est-il synonyme d’éditeur militant ?

En toute honnêteté, nous ne sommes plus indépendants depuis la prise de participation des éditions Actes Sud, en 2013.

Cela n’a strictement rien changé à la ligne éditoriale mais nous a permis d’avoir une meilleure stabilité financière. L’indépendance est déterminée par le financier, l’appartenance à un groupe ou non. C’est une donnée financière, économique et structurelle, à détacher du militantisme. C’est chez les indépendants que l’on trouvera plus souvent du militantisme, mais cela ne va pas forcément de pair. Par exemple, nous ne sommes plus indépendants, mais restons militants.

« Sorcières » est un exemple manifeste de ce militantisme, mais on le trouve également de façon plus diffuse dans le catalogue, à travers des thématiques diverses.

En 2011, vous évoquiez que la BD est en crise. Huit ans plus tard, pensez-vous que la situation a évolué ?

Oui, la situation s’est stabilisée. Depuis 2011, de nouvelles maisons d’édition se sont créées, la concurrence est plus importante, mais toutes ces maisons tiennent malgré tout. Les éditeurs ont trouvé leur place, les lecteurs se sont habitués, je pense, à ce nouvel équilibre. Cela reste difficile pour tout le monde, mais ça s’est régulé.

Les publications de bandes dessinées sur le web sont-elles pour vous une source de recrutement d’auteurs ?

Non, très sincèrement, je ne m’y intéresse pas tellement. Par le passé, j’ai trouvé certains auteurs en ligne, mais je n’ai pas pour autant le réflexe d’aller vers les auteurs qui s’auto-éditent sur internet. J’ai sûrement tort.

Maintenant, j’aime moins travailler seul pour chercher de nouveaux auteurs. Le relationnel a pris le pas, certains traducteurs, agents ou éditeurs, par exemple, peuvent proposer de nouveaux projets et j’avoue que cette source-là m’est plus familière. Elle s’est imposée au fur et à mesure des rencontres et des discussions.

Selon vous, quelle serait la formation idéale de l’éditeur de bandes dessinées de demain ?

Pour ce genre de métier je ne suis pas un grand fan des études.

L’important n’est pas tant la formation. Ce qui compte, c’est l’envie, la passion, le plaisir, l’intelligence et le caractère. C’est ce qui fait la différence, pas les études. L’expérience aide, et il faut un chemin, le plus diversifié possible. Les études en sont un jalon mais n’en constituent pas l’essentiel.

Le site des éditions Cambourakis : https://www.cambourakis.com

Voilà, c’est ici que s’achève cette Quinzaine des éditeurs et des professionnels de l’édition. Nous y reviendrons ces prochains jours pour une conclusion et où nous aurons l’occasion d’échanger sur la suite éventuelle à y donner.

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